Ambiance: Arrivée à Logonyl

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Chose promise chose due, pour fêter les 100 « likes »  (et même 114 au moment où j’écris ces lignes) voici une mini-nouvelle d’ambiance.

La tresse de barbe d’Ol-Lémir s’agitait à chaque rafale de vent. Du haut de la colline, il apercevait la cité qui s’étalait le long de la côte. Les murailles aux teintes rouges, construites avec des pierres riches en oxyde de fer de la région, entouraient la partie principale de la ville. Autour de celle-ci un grand nombre d’habitations longeaient les routes qui serpentaient dans toutes les directions.
Le grand amphithéâtre trônait au centre de jardins verdoyants, sur un petit plateau surplombant le reste des bâtiments. Il était formé d’une bâtisse principale circulaire flanquée de deux hautes tours fuselées en haut desquelles flottaient des drapeaux aux couleurs de la ville. Des assemblées de volontaires y siégeaient régulièrement afin de gérer les affaires de la cité, reflétant clairement l’influence des atridans sur le mode de gouvernance.

Au sud, il pouvait distinguer un des bras du fleuve hilaïn qui plongeait dans l’océan agité. Les yeux du jeune voyageur continuèrent en suivant la côte pour s’arrêter sur un bateau-feuille aux voiles vertes mâtinées de soie blanche qui s’éloignait vers l’horizon. Peut-être repartait-il vers le matriarcat Kesraal, la cale remplie de marchandises, ou entamait-il un long voyage d’exploration en direction des terres sauvages?

L’attention d’Ol-Lémir fut de nouveau attirée vers la ville, une épaisse fumée mauve commençait à s’échapper d’une haute cheminée de pierre, sans doute le résultat de quelque expérience chimique. Cela n’était pas très étonnant à Logonyl, la cité de la connaissance, célèbre pour ses bibliothèques et ses centres scientifiques.

C’était une des très rares cités cosmopolites du monde. Généralement les différents peuples n’aimaient guère se mélanger en dehors des rapports commerciaux.

Elle regorgeait aussi de richesses, de nombreux marchands y affluaient à toute heure du jour et de la nuit, créant une activité permanente. Les beuglements de bazyrus tirant les chariots remplis d’objets rythmaient la partie est de la ville, plus particulièrement dévolue au commerce.

C’est avec un de ces convois qu’Ol-Lémir avait fait le voyage depuis Taridoï, son bourg natal, perdu dans les plaines du centre des terres fécondes. Ce périple n’avait pas été de tout repos, un des ponts traversant le fleuve Areldi s’était effondré, les obligeant à faire un détour. Ils durent passer par les bois puis longer une forêt voilée, heureusement sans devoir y pénétrer. Bien qu’il fut peu superstitieux, il n’était pas très rassuré par les persistantes rumeurs disant que ces lieux étaient hantés.

Le reste du voyage s’était déroulé sans accroc, à part cette dernière pause forcée, le temps de réparer une roue cassée. Il avait sympathisé avec une autre voyageuse, une hominus de la tribu des arbres dansants, qui lui avait raconté quelques légendes traditionnelles de chez elle. Cette dernière était comme lui, curieuse découvrir le monde et refusant de rester cloitrée dans une vie toute tracée. Ils se promirent de se revoir, une fois à Logonyl. Les talents de chasseuse de l’humanoïde pouvait, en plus, être un atout pour une éventuelle expédition future.

Il lui tardait d’assouvir sa soif de connaissance, en particulier en animalogie. La grande bibliothèque des savoirs était réputée pour avoir une importante quantité d’ouvrages traitant du monde animal, certains disaient même que sa collection était la plus importante de tout l’hémisphère.

Un symir maladroit interrompit ses pensées en le bousculant puis se confondit en excuses. Il était accompagné d’une femme de la même espèce, au regard froid à peine visible derrière un lourd heaume garnie de pointes. Un skeltus massif marchait également avec eux, sa carapace chitineuse brillait légèrement au soleil et laissait deviner de nombreuses rayures. Ce dernier était visiblement originaire des peuples nomades des plaines lacustres, son armure dépareillée et son étendard dorsal laissait peu de doute à ce sujet. Il s’agissait sans doute d’un groupe de mercenaires escortant une autre caravane de marchandises.

Il les oublia vite et replongea son regard vers l’horizon plein de promesses. A la faveur d’une accalmie dans les bourrasques, il ouvrit les clapets de sa ruche céphalique, laissant sortir ses solons bourdonnant d’excitation et virevoltant autour de sa tête.

De petite taille pour un atridan et de faible constitution, Ol-Lémir n’avait jamais eu d’aptitudes pour les activités physiques et, plus jeune, il avait toujours préféré la compagnie des livres à celle de ses camarades de jeu. Il traînait d’ailleurs, dans son bourg, une réputation d’asocial. Il était surtout incompris, le lot de tous ceux qui s’intéressaient aux disciplines de l’esprit dans un endroit isolé principalement habité de paysans.

Cette époque était cependant révolue et son contact, dans le port tant convoité, devait l’introduire auprès du conservateur de la bibliothèque. Si tout se passait bien, il deviendrait un de ses disciples et aurait accès à une quantité inimaginable de connaissances.

Il aurait aussi, si ses renseignements étaient exacts, la possibilité de participer à des expéditions scientifiques aux quatre coins du monde et de voir des choses extraordinaires, des choses que personne à Taridoï n’oserait imaginer. Le monde regorgeait de mystères et il était bien décidé à en percer un maximum.

Un gros bazyrus manifestement assez âgé passa à quelques mètres, son bec claqua alors que son maître l’encourageait à tirer, caressant en même temps sa fourrure brune. On lisait de la tendresse mêlée de tristesse dans l’oeil du symir, envisageant sans doute que c’était le dernier voyage que son compagnon pourrait faire. La bête semblait en effet peiner à tracter le lourd chariot accroché à son harnais. Le jeune voyageur ne put s’empêcher de s’émouvoir de cette scène, hésitant à leur porter assistance.

Un sifflement retentit alors juste derrière Ol-Lémir, interrompant son élan altruiste et signalant que sa caravane reprenait la route. Son essaim se calfeutra de nouveau, il se recentra sur lui-même et se remit à marcher avec ses compagnons de voyage, en direction de ses rêves…

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